Presse du 05, 06 et 07 décembre 2009.

Les pronostics des médias brésiliens sur l’issue du Sommet de Copenhague sont indécis.

Pour la Folha de São Paulo, « la réunion de Copenhague dispose du potentiel pour aboutir à un bon accord, mais il est nécessaire de doser son optimisme ». Le pronostique du journal est que « Copenhague n’accouchera pas d’un accord parfait, mais peut constituer le début d’une longue, mais prometteuse gestation ».

Du côté de l’Estado de São Paulo, on s’interroge : « 15 000 scientifiques, 3000 journalistes, 2000 réunions, 12 jours de négociations pour arriver à quoi ? Nous verrons ! ». Le correspondant à Paris du journal explique que « Nicolas Sarkozy, qui adore de temps en temps sauver le monde, a décidé de prendre le taureau par les cornes (…) et il faut reconnaitre que le Président français n’a pas ménagé ses paroles ». Il évoque son « rapport explosif » qui prévoit « un mécanisme de financement sur les transactions financières mondiales pour financer l’aide apportée aux pays pauvres pour lutter contre l’émission de CO2 : « Est-ce une bonne idée ? Certainement, bien que dangereuse car inapplicable ».

O Globo s’intéresse à l’Europe, titrant « entre avancée et discorde ». Sous la plume là aussi de sa correspondante à Paris, le quotidien estime que, « les Européens courent le risque de voir, impassibles, les Etats-Unis et la Chine squatter la réunion afin de dicter le ton de Copenhague (…) un ton moins ambitieux que ce qu’ils souhaiteraient ». D’autant que « les Européens arrivent divisés » sur l’objectif à atteindre. Le journal note toutefois que « la France arrive à Copenhague dans une situation confortable, étant parvenue à respecter les objectifs de Kyoto deux ans avant l’échéance (réduction de 8% des émissions de gaz carbonique par rapport à 1990) (…) C’est que la France a adopté une technologie que les principaux pays européens ont tenté, avant de reculer sous la pression des écologistes : l’énergie nucléaire ».

Pour Valor Economico, enfin, « la Conférence de Copenhague débute avec des propositions insuffisantes ».

Le Brésil considère l’Environnement comme un thème majeur

Le Sommet sur le Climat qui débute aujourd’hui à Copenhague intéresse le Brésil au plus point : les institutionnels, tout d’abord, qui enverront plus de 600 personnes sur place ; la presse, ensuite, qui a déployé les grands moyens pour couvrir l’événement : envoyés spéciaux dépêchés sur place et plusieurs pages quotidiennes sur le sujet ; la population, enfin qui place selon un sondage l’Environnement comme un thème majeur dans lequel le pays doit s’investir.

Côté institutionnels, donc, le Brésil, comme l’explique l’Estado de São Paulo, « aura la plus grande délégation de tous les pays, avec 625 personnes. La majeure partie d’entres eux n’est pas issue du gouvernement, mais des ONG, des milieux politiques et du monde de l’entreprise ».La délégation officielle, elle, comprendra 75 membres du gouvernement fédérale et 28 représentants d’entreprises d’Etat, comme Petrobras. Le quotidien décrit le dispositif mis en place par le Brésil : Hormis l’équipe présidentielle, la délégation sera composée de Dilma Roussef (cheffe de la Maison Civile et cheffe de la délégation), Celso Amorin (Affaires étrangères), Carlos Minc (Environnement) et Sergio Rezende (Sciences et Technologies). L’homme-clé des négociations sera l’Ambassadeur Luiz Alberto Figueiredo Machado, chef du Département de l’Environnement. Il sera épaulé par cinq négociateurs thématiques comme Thelma Krug (affaires forestières) et José Miguez (thèmes liés au Protocole de Kyoto). Huit autres personnes seront en charge d’étudier dans les moindres détails « chaque phrase des textes qui seront mis sur la table ». Enfin, cinq personnes seront spécialement chargées de faire le lien, sur place, entre les différents représentants brésiliens issus du gouvernement, du monde des sciences et de la société civile, « de manière à aboutir à une position brésilienne commune ».

L’Estado, toujours, publie un sondage selon lequel 68% des Brésiliens interrogés estiment que « le Brésil doit, en matière d’environnement, agir, et ceci indépendamment de l’attitude des autres pays ». 45% pensent que les Etats-Unis sont les premiers responsables du rechauffement. Enfin, d’une manière générale, l’Environnement arrive en 6ème position des tâches prioritaires auxquelles devra s’atteler le prochain président de la République, derrière la santé, l’éducation, la sécurité publique, l’emploi et le salaire minimum.

publié le 08/12/2009

haut de la page