L´Ambassade

Historique du Bâtiment

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Photo : Ch. Cabane

En 1962, l’architecte et urbaniste Le Corbusier s’est rendu à Brasilia. Il y a séjourné pendant trois jours, qui furent employés à connaître la ville et prendre contact avec le terrain sur lequel devrait être bâti le siège de l’Ambassade de France, dont il devait réaliser le projet .

Ce terrain se trouvait au Setor de Embaixadas Sul – SES, Avenida das Nações, Lote 04, Quadra 801.

Rentrant à Paris, il a commencé le projet et, comme d’habitude, en partageant les risques et les idées avec son groupe de collaborateurs, notamment le chilien Guillermo Julian (Architecte en chef de l’atelier à l’occasion).

Quelque temps après, le projet - accompagné de sa maquette – fut présenté à qui de droit en France. « Un prisme, plus bas, flanqué par deux plans inclinés pour la résidence, et une tour cylindrique, comptant sept étages, pour la Chancellerie » (Campello, 35)

Bien que la hauteur du projet de l’immeuble fut hors normes – elle dépassait le gabarit prévu pour le Secteur des Ambassades Sud (SES) -, le projet à été approuvé par les responsables de Brasilia. En revanche, les négociations de l’architecte et du gouvernement français n’étaient pas tellement faciles, elles ont traîné jusqu’en 1965, interrompues par la mort de Le Corbusier. Face à cet évènement inattendu, le projet de l’Ambassade fût confié à Guillermo Julian.

Depuis 1962, était sur place une représentation française, en caractère provisoire et installée dans une construction en bois. Selon le « Website » officiel de l’Ambassade, « la mort de Le Corbusier et le trop grand laps de temps survenu entre la réalisation du projet et la décision effective de construire l’Ambassade (1970), et l’apparition de nouvelles exigences de surface construite, demandèrent une nouvelle réflexion de l’ensemble ». Guillermo Julian refusa de modifier le projet original de Le Corbusier. De ce fait, le gouvernement français lui commanda un nouveau projet.

En 1970, l’architecte et urbaniste est venu visiter Brasilia. Comme son maître, il a connu la ville et le terrain assigné à l’Ambassade de France.

Guillermo Juan de la Fuente est né en 1931, dans la ville de Valparaiso (Chili), où il étudia l’architecture à l’Université Catholique. En 1958, il fait son entrée dans l’équipe de Le Corbusier, où il travaille sur de nombreux projets, notamment le Carpenter Center (1961 – 1964) et l’Hôpital de Venise. Sont de lui l’Ambassade de France à Rabat (1965), le Market Hall de Valencia (1969) et de l’Ambassade de France à Washington (1975). Pour Brasilia on compte le projet de l’Ambassade, un immeuble d’appartements à la SQS 203 (non construit) et des résidences pour le personnel de l’Ambassade (non construites).
Toujours fidèle à l’esprit de Le Corbusier, il a maintenu l’idée centrale de deux volumes, un pour la chancellerie et l’autre pour la Résidence, et, a fait preuve de beaucoup de sensibilité à l’égard des conditions climatiques locales.

Le chantier a débuté le 12 mai 1972 et le bâtiment a été inauguré en 1974. La société Seri Renault Engineering a été chargée de la gestion de la construction sous la responsabilité de l’architecte Louis Bach et de la société de BTP, Dumez Brasil.

- Voir les plans du projet conçu par Le Corbusier.

Le projet et la construction

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L’ambassade se trouvait à Rio de Janeiro jusqu’en 1976. Le suivi du transfert des ambassades de Rio à Brasília a été confié au Conseiller Wladimir Murtinho à qui l’on doit la distribution des terrains et l’exemption d’impôts sur l’ensemble des matériels de construction.

Les esquisses préliminaires et l’avant projet général sont l’œuvre de Guillermo Jullian de la Fuente, architecte d’origine chilienne, ancien collaborateur de l’atelier de Le Corbusier. La chancellerie présente sur le dessin d’une croix. L’ambassade et la Résidence ont été construites entre janvier 1972 et décembre 1974.

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Un an après le début du chantier on a décidé d’effectuer une extension qui correspond aux locaux occupés aujourd’hui par le Service de Presse, du Service de Coopération et d’Action Culturelle, de l’Espace Le Corbusier et des logements de fonction. Les travaux ont été suivis par l’architecte français Louis Bach. La construction a été réalisée par la société Dumez du Brésil.

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Les locaux ont été inaugurés le 29 janvier 1976 par M. Jean Sauvagnargues, Ministre français des Affaires Etrangères.

Le code de construction de la ville exigeait que les bâtiments de ce secteur soient construits sur deux niveaux maximum pour permettre de libérer la vue sur le lac.

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Photo : Ch. Cabane

L’ensemble construit de l’Ambassade de France a Brasilia compte trois principaux groupes : la Résidence de France (environ 1 500 m carrés), la Chancellerie (7 500 m carrés) et L’Espace Le Corbusier e logements de fonction (près de 1 000 m carrés), cela fait 10 000 m/carrés de surface bâtie sur un terrain de 25 000 m/carrés (100 m X 250 m).

« Vus d’en haut les huit appartements de fonction ont l’apparence d’une barre, la sensation est vite changée par la présence d’un volume opaque de béton brut, l’auditorium de l’Espace Le Corbusier. Ainsi, la porosité souhaitée des résidences à un étage fait contraste avec la clôture exigée par les manifestations culturelles. Le mur de soutien de la piscine supérieure est également en béton et en courbe, ce qui permet la transition entre chemins privés et publics. Longeant parallèlement le mur, qui est maintenant couvert par de la végétation, nous trouvons une cour d’accès à la Chancellerie. Cet espace fait référence à l’hôtel particulier français, ayant droit à une cour d’honneur. La Chancellerie présente un aspect cruciforme, ses ailes marquent les limites de plusieurs jardins (internes et externes). Comme à l’Opéra Garnier, les invités descendent de leurs véhicules protégés par le porche et suivent, déjà à l’intérieur, par une longue et tropicale promenade architectonique.
Le sol est couvert de galets polis qui rappellent l’architecture coloniale du Brésil, comme la rangée de palmiers, qui relie la Résidence de France aux lieux de travail, rappelle les anciennes demeures des seigneurs du sucre. La résidence s’éparpille sur le terrain, en créant de nouveaux jardins et nouvelles cours. Vastes et nobles espaces, sophistiqués, mais qui n’ont pas un aspect monumental – comme le demande Brasilia (1).

Pour ce projet, Guillermo Jullian a défini une maille quadrangulaire qu’il a complétée par un système structurel assez simple. Des piliers de béton présentant une section rectangulaire de 1.13 X 0.27 m et 2.26 m de hauteur, qui sont en relation avec des poutres, également en béton, de 0.70 X 0.275 (les intermédiaires) ou 1.13 X 0.27 m (les supérieures). Cet avec ces éléments là qu’il a composé des portiques structurels de 8.45 m de largeur 1.13 m + 6.19 m d’espace vide + 1.13 m), qui furent distribués le long de la maille et à 2.96 m de distance les uns des autres. La possibilité de balances sur les poutres à été prévue et qui correspondent à 2.10m. De cette façon là, les dimensions des bureaux et autres pièces ont été définies : un module fonctionnel de 8.45 X 2.96 m en comptant la circulation et/ou terrasse de 2.10 m.

La clôture des différents espaces a suivi la même logique. Modules d’encadrement de 2.96 X 2.26 m ; armoires et/ou pans de maçonnerie mesurant 6.19 X 2.26 m, ou des compositions d’éléments creux.

Le projet de la Chancellerie (présentant de généreux espaces de circulation intégrés aux jardins internes et répétition de bureaux) à été conçu a partir de la hiérarchisation du programme des besoins et de l’intelligente composition des éléments crées. La Résidence de France (marqué par la succession en enfilade de salons au premier étage et par l’ingénieuse distribution de chambres à coucher similaires au deuxième étage).

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Principes de composition

Le principe retenu, consiste à aménager les bâtiments de travail autour de patios. De ce fait, chaque bureau s’ouvre sur deux façades : un couloir extérieur et un couloir intérieur. Ce type d’architecture permet une excellente condition d’éclairage et une ventilation naturelle qui rend inutile l’installation de systèmes de conditionnement d’air.

A l’inverse de majorité des immeubles de la ville, conçus comme des cages en verre, isolées de l’extérieur, le projet pour cette ambassade était de permettre de bonnes conditions de vie et de travail en intégrant la construction dans la végétation et le climat de Brasília (soleil ou pluie).

Deux piscines, une pour la Résidence, l’autre pour les bureaux et les logements font également partie de la composition générale de la construction.

Les matériaux utilisés sont tous d’origine locale : bois, béton armé et graviers, permettant d’obtenir pour l’ensemble de l’œuvre, un prix moyen très raisonnable. En effet, le prix au mètre carré construit a été évalué de moitié inférieur au coût moyen de construction des autres ambassades.

La Residence de L´Ambassadeur de France au Brésil - Brasilia

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"La France", de Antoine Bourdelle (1861-1929)"

Comme les autres bâtiments de l’Ambassade les esquisses préliminaires et l’avant projet de la Résidence sont l’œuvre de G, disciple de Le Corbusier, et présente le dessin d’une croix. La Résidence a été construite entre janvier 1972 et décembre 1974 et a été inaugurée en 1976 par le Ministre français des Affaires Etrangères.

Entourée d’immenses espaces verts plantés de palmiers et d’une grande variété d’arbres, la Résidence de France ne possède qu’un seul étage. Le bâtiment aux larges baies vitrées permet une ouverture optimale sur l’extérieur et les jardins.

La force dégagée par l’utilisation massive et systématique du béton brut est ainsi tempérée par les larges surfaces vitrées, la douceur des encadrements en bois tropical ainsi que par les revêtements en marbre des salles de réceptions.

Le refus de cloisonnement, allié à un jeu de portes coulissantes permet de moduler les superficies de la Résidence au gré des besoins.

JPEGLe rez-de-chaussée est ouvert aux différents réceptions et comprend notamment une immense salle à manger et un grand salon tandis que le premier étage est réservé aux appartements privés et à la bibliothèque.

Les toits-terrasses sont aménagés en jardin afin d’obtenir par la couche de terre une isolation thermique satisfaisante.

L’Espace Culturel Le Corbusier

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Photo : Ch. Cabane

- Une salle de cinéma et vidéo (120 sièges) qui peut également accueillir un spectacle de théâtre de petite envergure ou permettre un récital (piano).

- Une salle d’exposition.

Réception
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Perspective sur le salon
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Le grand salon ouvert sur la piscine
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Grande salle à manger avec les tapisseries d´Agam JPEG

Façades côte jardin
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Espace de circulation intérieur
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- Plus de photos de la Résidence sur notre Flickr : https://www.flickr.com/photos/128482029@N03/albums/72157661897431070

publié le 04/01/2016

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