Discours à Macapa - 06 octobre 2015

Merci Monsieur le Gouverneur de l’Etat de l’Amapa
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Chers collègues,
Monsieur le Préfet,
Mesdames et messieurs les élus de Guyane et de l’Amapa,
Messieurs les officiers généraux,
Mesdames et Messieurs,

C’est une grande joie pour moi de me trouver aujourd’hui parmi vous. Grande joie d’abord, parce qu’un peu plus d’un mois après avoir pris mes fonctions d’Ambassadeur de France au Brésil j’ai ainsi l’occasion de découvrir cet Etat qui occupe, en raison des 750km de frontière que nous partageons, une place si singulière dans la relation bilatérale franco-brésilienne.

Grande joie également, car deux ans après la dernière Commission mixte, il était temps que nous nous retrouvions pour faire le point sur les grands dossiers de notre relation transfrontalière en présence de tous ceux, et je veux ici les saluer, qui en sont les artisans au quotidien, en Guyane française comme dans l’Amapa. Je pense particulièrement ici à Macapa au Centre culturel franco-amapéen et au Centre culturel Danielle Mitterrand.

Ce qui m’a immédiatement frappé quand je me suis plongé dans la substance de cette relation transfrontalière, c’est son extrême diversité et sa très grande profondeur. Elle couvre en effet un champ extrêmement large, allant des échanges économiques à la coopération scientifique en passant par le domaine éducatif, universitaire ou encore culturel. Je n’ai aucun doute que cette réunion nous permettra de passer en revue tous ces sujets et de travailler, avec ambition, à faire progresser notre coopération.

Au-delà des sujets sur lesquels nous devons, la France comme le Brésil, poursuivre nos efforts, je pense à la lutte contre l’orpaillage illégal, à la question de la pêche illicite mais également à la problématique de la circulation des personnes, force est de constater que la relation entre la Guyane française et l’Amapa est une source de richesse sans pareil pour nos deux territoires. C’est notamment grâce à elle qu’ils parviendront à réduire leur isolement et à affirmer leur prospérité. A cet égard, il est important de mettre en valeur les résultats positifs que cette coopération transfrontalière a déjà eu, tel que par exemple :

le financement, au travers du programme Guyamazon, de projets de collaboration scientifiques et technologiques autour du thème du biome amazonien dont plusieurs impliquent directement des chercheurs de l’Amapa. 250 missions de collaboration entre la Guyane et l’Amapa ont d’ores et déjà eu lieu depuis le lancement du programme en 2011.

les nombreux échanges éducatifs avec, par exemple, la formation de professeurs de français en Guyane ou l’accueil de classes françaises à Macapa (Centre culturel Danièle Mitterrand).

l’inauguration cette année d’une liaison internet entre la Guyane et l’Amapa qui permet aux habitants de l’Amapa de bénéficier désormais de l’internet à haut débit.
Souvent méconnus, ces projets illustrent la densité des liens entre la Guyane et l’Amapa ainsi que les bénéfices que chaque territoire peut retirer de cette relation. Nous devons donc poursuivre nos efforts pour développer un agenda transfrontalier positif entre la France et le Brésil.

Des efforts doivent néanmoins encore être faits avant que cette relation n’atteigne son plein potentiel.

Le premier est lié à la nécessité de réduire l’enclavement de la Guyane française et de l’Amapa en l’absence de liaison rapide et pratique entre ces deux territoires. A cet égard, il faut se féliciter de la décision de la compagnie Azul d’opérer une liaison régulière entre Belém et Cayenne et espérer qu’elle soit le prélude à l’ouverture d’une liaison directe entre Macapa et Cayenne.

En matière de désenclavement, le sujet qui est dans tous les esprits est naturellement celui de l’ouverture du pont sur l’Oyapock. J’ai la conviction que nous sommes aujourd’hui parvenus à régler la plupart des difficultés qui pouvaient encore faire obstacle à sa mise en service. Et je forme le voeu que cette réunion de la commission mixte transfrontalière nous permettra de fixer une date pour son ouverture et nous encourager ainsi à faire les ultimes progrès nécessaires pour que cet ouvrage devienne enfin un trait d’union entre nos deux territoires.

Le second est lié au fait que les habitants de la Guyane et de l’Amapa n’ont pas encore suffisamment l’habitude de se percevoir comme des partenaires naturels. Il nous appartient donc de travailler à faciliter et approfondir les échanges humains.

L’introduction, au 1er janvier 2015, de la carte frontalière qui permet aux habitants d’Oiapoque de se rendre à Saint-Georges de l’Oyapock sans visa, va dans ce sens.

C’est également dans cet esprit que le principe d’assouplissement à l’obligation de visa pour l’entrée en Guyane a été acté par le gouvernement français. Ces assouplissements concerneront par exemple les Brésiliens en transit en Guyane ou encore certains publics cibles qui, ayant vocation à se rendre régulièrement en Guyane, se verront délivrer des visas valables pour plusieurs entrées.

Dans un autre domaine, la récente visite à Cayenne d’une délégation de la Fécomercio va contribuer à renforcer les liens économiques et commerciaux entre la Guyane et l’Amapa et à développer de nouveaux projets communs.

Je conclurai mon propos en remerciant une nouvelle fois le Gouverneur de l’Amapa ainsi que nos hôtes du SEBRAE pour leur accueil et en formant le souhait que cette 9ème réunion de la Commission Mixte Transfrontalière nous permette de renforcer encore les relations entre la France et le Brésil, entre la Guyane française et l’Amapa.

Je vous remercie pour votre attention et souhaiterais maintenant passer la parole au Préfet de Guyane, M. Eric Spitz

publié le 11/12/2015

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